1979 :
Le Seigneur des Ténèbres est au sommet de sa Puissance, une seule ombre : une étrange prophétie prédisant sa mort.
Le temps est compté... mais pour qui ?
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Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]

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CapricorneSerpent
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MessageSujet: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Mar 6 Mai - 22:47

Dix neuf heures.

Les portes de la Grande salle s’ouvrirent devant un troupeau de créatures surnaturelles , pour découvrir l’immense pièce toute décorée. Comme à l’accoutumée, la table des professeurs se trouvait en fond de salle, mais il ne restait plus qu’une immense table pour accueillir les élèves durant leur repas. Les quatres tables s’éparpillant habituellement dans la pièce avaient été réunies pour en former une unique, qui croûlait sous des mets aux couleurs vives. Sucreries et patisseries étaient à l’honneur, mais d’autres mets aux noms étranges étaient également en libre service. Si la table ne pouvait pas accueillir tout Poudlard en même temps, elle était décalée vers le côté droit de la pièce de telle sorte qu’une bonne moitié de la salle était vide de tout meuble, si l’on excluait le grand bar circulaire ou patientait un squelette en costume trois pièces qui trônait au beau milieu de ce qui pouvait être une piste de danse où… La fosse d’une salle de concert improvisée. Oui, contre le mur gauche, une estrade noire avait été dressée, sur laquelle quatre personnage au style aussi dark que loufoque accordaient leurs instruments de musique.
Le hurlement d’une guitare électrique retentit soudain dans le silence, suivit d’un second cri cette fois bien humain… et une musique aux mélodies agressives brisa définitivement le calme ambiant.
Comme par enchantement, à peine le groupe avait-il entamé la première note que les citrouilles lévitant dans les airs s’animèrent d’un sourire machiavélique, réhaussé par une langue de feu au fond de leur bouche, rougeoyante.
Au dessus des quatres têtes des musiciens pourvus de longs cheveux en batailles voletaient avec frénésie une masse noire de chauve-souris, qui , de temps à autres, s’aventurait dans le reste de la salle.
Un éclair jaillit du plafond magique…
Le banquet venait d’ouvrir, les élèves qui eux-même avaient été transformés n’avaient plus qu’à entrer et s’amuser.
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Liliana Vanloock
Elève de 4ème année à Serpentard
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CapricorneSerpent
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Sam 10 Mai - 0:11

Il avait fallut un temps redoutable d’adaptation aux élèves de Poudlard face à la nouvelle forme que les trois quarts de l’école avait prit. Les trois quarts, oui, car Liliana avait bien croisé le regard médusé de quelques élèves qui, arrivés trop tard pour déjeuner à cause d’harassantes révisions, n’avait pas bu quoi que se soit qui puisse les compromettre aux yeux du petit Monde dans lequel ils vivaient. Un monde où tous avaient une réputation, quelle qu’elle soit, à tenir. Dumbledore n’avait-il pas pensé aux risques encourus de se présenter changé en créature immonde pour les Êtres Hiérarchiquement Haut Placés dans la Société Poudlardienne ? Des personnes… Comme elle ?! Pour la dixième fois en trois minutes, Liliana se regarda dans le miroir, puis poussa un gros soupir.

« Ce que j’aurais aimé ne pas finir comme… comme ça ! Holala, qu’est-ce que tu as la classe toi au moins, c’est impressionnant… Moi… Je….
- Oui, mais regardes mes cheveux…. ! Oh par Merlin, dire qu’on m’a vu comme ça !
- Remarques ça n’est pas sûr qu’on t’ai reconnu…
- Pourquoi, j’ai l’air horrible, arrêtes de mentir.
- Mais non ! Mais c’est que tu es…. Plus… Je n’aurais pas pensé que… Non pas que tu sois…
- Bah vas-y, craches là ta remarque !
- Tu es plus sexy. »

Un lourd silence s’installa dans le dortoir, pendant lequel Liliana et Margareth s’observèrent. Un énorme serpent aux écailles émeraude étincelantes était dressé sur un des lits dont le matelas se creusait sous son poid. Pour corps, elle n’avait qu’une unique queue reptilienne mais la tête était celle d’une femme, une femme qui observait avec un mélange curieux d’amusement et de gêne son interlocutrice. Cette dernière, juchée sur un tabouret devant une coiffeuse d’un blanc immaculé, avait un menton fin, presque pointu, appuyé sur une main si pâle qu’elle en paraissaient presque bleutée, pourvues de longs doigts qui se terminaient en ongles bombés et pointus offrant l’aspect acéré de serres. Ses yeux en amande d’un bleu métallique étaient fixés sur l’Echnida.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »


Des centaines de serpents s’agitèrent en un même sens sur sa tête, avec la vivacité d’un banc de poissons changeant subitement de direction. Leur langue fourchèrent l’air, accusateurs, en direction de leur immense congénère à tête de femme. Des langues aussi noires que leur corps étaient blonds. Le visage de Margareth sourit, irrémédiablement taquine malgré le sérieux de ses paroles.

« Sexy. »
Lança-t-elle d’une voix professorale.
« Attitude attirant le regard, et ayant tendance à attiser certaines pulsions bas placées auprès de l’entourage. Autrement dit, l’inverse de ce que je produis, avec mon gros corps de boa. Non sérieusement, je n’aurais jamais pensé te voir comme ça un jour, Liliana, mais ça te correspond on ne peut mieux. Et arrêtes de me menacer avec tes cheveux s’il te plaît…
-Je ne fais pas exprès !
-...Toute ton autorité et ton impulsivité de caractère a prit forme dans tes traits, et pourtant tu parais moins stricte que d’habitude, c’est marrant, non ?
Continua-t-elle sans écouter l’interruption.
- Tssst. »

Les serpents albinos sifflèrent en même temps qu’elle sur sa tête, et la Gorgone se leva en faisant claquer d’un mouvement impatient de jambe le talon fin de son escarpin. En plus d’avoir prit l’apparence de Medusa, voilà qu’elle avait le droit à l’analyse peu subtile de son amie. C’était son jour, assurément. Pourrait-elle-même sortir ainsi ? Sexy, qu’était-ce que cette faribole ? Non, en temps normal elle n’était pas spécialement sexy, car elle n’avait jamais cherché à l’être. Pourquoi se montrerait-elle sous un voile de charmes devant un public d’adolescents pré-pubères imméritants ? Non, ça n’était pas par une quelconque réserve qu’elle n’offrait que le côté strict de son visage, avec ses longs cheveux bouclés attachés en chignon et sa tenue scolaire toujours impeccable, c’était parce qu’elle aurait haït le regard de ces trolls baveux – dont certain avaient d’ailleurs prit l’apparence avec une véritable fidélité. Et puis, elle avait une image de marque à faire respecter au sein du corps professoral. Elle était la rédactrice en chef, il était nul besoin de dégrader son image aux yeux de ses professeurs ! Et de quoi avait-elle l’air, avec ses lèvres pourprées et son regard aux tons cristallins ? Son habituel mètre soixante huit avait été étoffé par une poitrine qui avait fait sauter un bouton de son chemisier blanc, et la jupe de son uniforme scolaire lui semblait étrangement serrée. Médusa avait été une belle femme, avant de se retrouver pourvue de serpents à la place des cheveux, voyant brisé le plus superbe symbole de sa féminité à cause la jalousie d’une autre femme. Mais de toute évidence, elle n’avait pas été jalousé seulement pour si peu ! Pivotant sur une jambe, la gorgone observa le profil de sa silhouette, qui se trouvait bien plus en courbes qu’à l’accoutumée.

« Quand on voit ce qui traîne dans les couloirs, j’avoue que de ce côté je n’ai pas eu trop de malchance… Mais tout de même !
- Allez, assumes, tu es la rédactrice en chef, tu te dois de toute façon d’assister aux grands évènements à Poudlard. Trouves toi une tenue décente et montes, le banquet commences dans un quart d’heure. Quant à moi… Ma foi, j’ai le problème vestimentaire en moins… Par contre je me demande comment je vais monter les escaliers…
- Essayes de renverser tous les imbéciles que tu reconnais ! »
Rit Liliana en jetant un regard amusé à Margareth qui se laissait tomber lourdement sur le sol.
La voir serpenter jusqu’à la porte lui fit une bien drôle d’impression ; décidemment, elle non plus ne se serait pas attendue à trouver son amie un jour avec une telle apparence… ! Et loin de la rendre ridicule, son acceptation nonchalante de sa condition temporaire rendait à la septième année toute la force de son caractère. Un serpent géant n’était-il pas, ce à quoi elle ressemblait parfois ? Un réel boa à la langue acérée et au sang froid sans bornes. Une qualité que la Miss Vanloock se savait, elle, loin d’avoir. Parviendrait-elle à faire une entrée aussi classe que celle que promettait de faire la miss Johnson ?


« Allons, tu t’appelles Liliana Vanloock ou pas ? »

Clac, clac, clac.
Quelques élèves se retournèrent et ouvrirent la bouche, béats. Les talons de Liliana frappaient le sol avec vigueur, retentissant dans le grand hall de l’école avec d’autant plus de force que les personnes qui n’avaient pas encore vidé les lieux étaient rares. La curiosité les avait poussé à observer la nouvelle apparition monstrueuse de la soirée, le saisissement et l’incrédulité à suivre Médusa du regard. Ses cheveux sifflants suivaient de leurs corps souple la démarche cadencée de leur propriétaire, qui ne jeta un regard qu’à une chimère sur son passage qui se pétrifia instantanément sous le poids de ce coup d’œil. Le défi de faire la moindre remarque sur son apparence perçait aussi bien que la menace de ce qu’il pourrait arriver à la personne qui aurait décidé de relever celui-ci.
Un carnet sur lequel tenait en équilibre une magnifique plume d’un rouge vif lévitait derrière la bannière de soie de la même couleur qui se dépliait avec légèreté derrière elle, provenant d’une étole qu’elle avait noué à sa gorge. Une tunique en mousseline rouge aux manches nouées par une ficelle, cintrée par un serre-taille de cuir paprika à sa taille flamboyait tandis qu’elle passait. Même son pantacourt de crêpe satin noir semblait illuminé tandis que la lumière jouait avec le mouvement chaloupé de ses grandes enjambées. Enfin le claquement rythmique des hauts talons de ses escarpins de cuir vernis, enlaçant sa cheville d’une lanière, s’estompa au milieu de la musique tonitruante qui baignait toute la Grande Salle ; ce qui ne l’arrêta pas pour autant. Rester plantée devant la porte d’entrée aurait été la dernière chose à faire. Non, avoir une classe Vanloockienne, c’était avoir plus de tenue et de style que cela. C’était ne pas laisser le temps à l’œil non averti de la voir dans toute sa splendeur. Filant sans prendre gare à ce qui se passait autour d’elle et suivit de sa plume et du carnet vierge qui se débrouillaient aussi bien qu'elle pour avoir le champ libre (il aurait été hors de question de faire des détours pour de minables gêneurs), la rédactrice en chef était dans son rôle.

« Moui. Pas intéressant . Risible. Ah ! …Non, finalement, je parie que c’est Madison . On reconnaîtrait cet imbécile mieux sous cette forme qu’à son état naturel, tant l’état de zombie lui convient bien. Moins rapide à la détente que lui on ne fait pas pire. »

Qui était digne d’intérêt pour une journaliste dans toute cette foule de petites gens ? Non, Liliana continua sans s’arrêter jusqu’au bar et laissa tomber son fessier légèrement plus rebondit qu’à l’accoutumée sur un des hauts tabourets. Elle croisa les jambes avec classe, et sans laisser le temps à quiconque qui avait eu l’esprit assez vif pour la reconnaître – certains étaient assez bête pour ne pas voir l’indice ambulant derrière elle, ou trop obnubilés par ses mollets dénudés – elle commanda un hydromel au squelette qui jouait son rôle de serveur.

Spoiler:
 
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William Boyd
Elève de 4ème année à Serpentard
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Dim 11 Mai - 22:15

Rude journée que ce 30 octobre...
Le petit déjeuner s'était déroulé très normalement- jusqu'à un certain point, du moins. William buvait son thé en silence, assis au bout de la table des Serpentard, en songeant avec amertume que deux heures de métamorphose l'attendaient, et deux heures de potions. Or, la vie du quatrième année avait pris un tour passablement désagréable depuis que son bien-aimé directeur de maison lui avait montré sa lettre de renvoi, en précisant qu'il n'avait plus qu'à la dater... La consigne était claire ; Boyd était prié de se faire oublier, et de renoncer à sa conduite immature. Les autres élèves de Serpentard avaient relayé le discours directorial (en particulier certains élèves de dernière année, bien décidés à gagner la coupe, et qui avaient usé d'arguments frappants) ; depuis, William s'était tenu tranquille, car il savait que Rogue n'hésiterait pas à le renvoyer dans ses foyers, et la perspective de se retrouver chez ses parents n'avait rien de réjouissant. Il avait donc cédé et avait adopté un comportement presque normal, mais il se demandait combien de temps il pourrait tenir... C'est qu'il allait mourir d'ennui, à force... ou bien, il allait craquer et faire une bêtise qui pousserait Rogue à expédier la fameuse lettre...
Bref, la perspective de passer deux heures avec McGonagall, puis deux avec Rogue, en sachant qu'il lui faudrait absolument se tenir tranquille, avait sérieusement entamé le moral du Serpentard. Il avait la mine sombre tandis qu'il buvait son thé et grignotait quelques corn flakes, jusqu'au moment où une sorte de malaise au niveau de l'estomac le contraignit à poser brusquement sa tasse, en se demandant ce qui lui arrivait. Malade ? il regarda autour de lui, affolé ; rien de ce qu'il avait mangé ne pouvait le rendre malade aussi vite.
Il était déjà métamorphosé en fouine à trois pattes lorsqu'il se décida à regarder ses camarades ; certains étaient déjà métamorphosés en créatures étranges, d'autres grimaçaient de douleur, tandis qu'ils se métamorphosaient eux-mêmes.
William avait filé sur ses trois pattes, abandonnant son sac à la table de Serpentard, sous les rires de ses plus proches voisins ; il lui semblait urgent de se mettre à l'abri : l'un des garçons qui lui avaient fendu la lèvre s'était changé en troll, et il contemplait avec ravissement ses énormes mains...
La fouine à trois pattes avait passé la journée à errer dans le château- la barbe pour les cours... allez donc suivre un cours de potions changé en fouine, et en fouine diminuée en plus... Grâce à sa petite taille, William avait exploré certains recoins inconnus de Poudlard, jusqu'à l'heure du banquet.
A dix-neuf heures, la fouine à trois pattes, affamée, pénétra dans la Grande Salle en se faufilant entre les pieds et les pattes de ses camarades. Boyd n'avait pas osé aller déjeuner, tant cette apparence de fouine estropiée lui donnait l'impression d'être vulnérable...
Cette fois, Dumbledore avait insisté pour que tous les élèves, quelle que soit leur apparence, participent au banquet. William s'était donc joint à l'étrange foule qui se pressait devant la porte, un peu nerveux à l'idée qu'il risquait à tout instant de se faire piétiner. Il était l'une des plus petites créatures présentes, ce qui n'était pas pour le rassurer.
Les portes ouvertes, la fouine à trois pattes devança tout le monde, de son pas bondissant, et sauta lestement sur un des tabourets devant le comptoir. Une Gorgone se tenait à proximité, mais elle ne sembla pas s'apercevoir de l'arrivée silencieuse de la fouine.
William commanda une Bièraubeurre, et il fut étonné d'entendre sa voix habituelle sortir de la gueule de la fouine. Le squelette lui servit une chope, que le Serpentard fut obligé de laper, faute de pouvoir la soulever.

_________________
"William Boyd, la honte des quatrième année" (L. Delcourt^^)
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Lizzie Folks
Elève de 1ère année à Gryffondor
Elève de 1ère année à Gryffondor



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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Mar 20 Mai - 19:45

C’était un matin comme un autre, et Lizzie sirotait tranquillement son jus de citrouille chaud tout en révisant, ou plus exactement en apprenant sa botanique en prévision de l’interrogation écrite à laquelle elle allait avoir droit d’ici peu, c’est à dire à son premier cours du matin. Comme si elle n’avait pas suffisamment de problèmes comme ça, sans qu’en plus elle ait besoin d’obtenir un vilain T en jardinage, euh.. pardon en botanique. Bon quoi, vous aimez la bota vous ? Non ! Alors ne venez pas blâmer la pauvre Lizzie qui non seulement avait pris en grippe cette matière mais qui en plus de cela n’y comprenait strictement rien et écopait inévitablement des pires notes possibles et imaginables, conséquence directe de son manque de travail euh.. de cette incompréhension. Enfin bref, tout ça pour dire que la pauvre blondinette arquait durement ses fins sourcils au-dessus de ses jolis yeux bleus, signe d’intense concentration, tout en cherchant désespérément un début du commencement d’une excuse pour la mauvaise qu’elle allait avoir. Elle scrutait bêtement le fond de son jus de citrouille en espérant que quelque chose lui tombe du ciel…
Bon d’accord, ça, ça n’existe qu’en rêve, mais on peut toujours espérer, parce qu’il paraît que l’espoir fait vivre.. Alors vivons ! Comme rien ne se passait, Wizz finit par se résoudre à vider son verre, puis se saisit d’une tranche de pain encore chaude et tout juste montée des cuisines. La gryfondor la mordilla mollement, sans réel intérêt, car soudainement prise de vertiges. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle s’agrippa à la table, la douleur lui faisant ouvrir de grands yeux étonnés, et la pliant en deux.

A peine quelques secondes plus tard, il ne restait plus rien de la jolie fillette aux joues pâles. A sa place, trônait un petit être bleu aux grands yeux exorbités, et hagards. Lizzie déglutit avec peine, le pixie fit de même. La douleur au creux de son estomac avait disparue, faisant cesser par la même occasion toutes les brûlures qui agitaient ses membres. Autour d’elle, ce n’était que vagissements et cris de douleurs dans l’agitation la plus parfaite, mais Lizzie ne voyait rien de tout cela, pas plus qu’elle n’entendait les sons inarticulés provenant de la gueule/bouche et autres becs de ceux qui avaient été ses camarades. La grande salle retentissait de sons plus étranges les uns que les autres, exprimant la surprise, la joie, l’étonnement etc. Lizzie elle était complètement figée. Elle ne parvenait pas à comprendre par quelle opération divine elle était passée du stade d’élève en train de manger une tartine au stade de « chose » debout sur une chaise et qui n’arrivait pas à atteindre le rebord de la table, même en se hissant sur la pointe des pieds…
La pauvre fillette était complètement traumatisée et n’osait pas jeter un coup d’œil à ses membres, à son corps pour découvrir sa nouvelle forme. Néanmoins, au bout d’un temps, sa curiosité légendaire prit le dessus sur la peur qu’elle éprouvait, et, timide, elle leva baissa la tête pour voir ce qu’était devenu son corps. Ce qu’elle vit la stupéfia : tous ses membres étaient bleus, et ses vêtements avaient rétréci afin de s’adapter à sa nouvelle taille. L’examen dût s’interrompre là, car le charmant directeur de cette école annonça tout fier que la métamorphose des élèves était … de sa faute et pour son bon plaisir, afin de fêter dignement Halloween…

La première pensée de Lizzie, fut qu’elle lui en foutrait, elle des fêtes d’Halloween ! Tu parles d’une chance, être transformée en un truc tout bleu et tout minuscule…
Pff vraiment, comme si elle n’avait pas suffisamment de soucis comme ça en ce moment, avec son contrôle de botanique en plus… son contrôle de botanique ?! Han mais non, je retire tout ce que j’ai dis à propos de l’imbécillité du directeur, il était au contraire absolument génial, c’était à cet instant l’être le plus chéri et adoré par notre petite blonde. En effet, comment se rendre en cours dans un état pareil, et surtout comment écrire ? Aha, si personne n’y avait pensé, Wizz elle pensait à tout. Oui je sais, pas la peine de lancer le bouquet de roses, elle est super intelligente, tout le monde le sait, merci merci, n'applaudissez pas trop fort, vous allez vous Faire mal aux mains..

Transportée de joie, la fillette ne s’aperçut pas instantanément qu’elle prenait de la hauteur, et c’est seulement lorsqu’elle faillit se prendre une main de troll en pleine figure qu’elle se rendit compte de la chose. Et la, panique à bord ! Il fallut de longues minutes à la lionne pour comprendre qu’elle était dotée d’ailes, depuis… sa transformation. Elle effectua ainsi une cabriole bien involontaire, avant d’aller s’écraser sur le sol.

Pas très pratique d’avoir des ailes, surtout quand on ne sait pas s’en servir…

La jeune fille résolut donc de rester les pieds par terre, puisque voler n’était pas contrôlable, ce qu’elle regretta presque aussitôt, après avoir manqué se faire écrabouiller par un truc dont elle n’eut même pas le temps d’identifier la nature…pas très pratique non plus de rester terre-à-terre…
Finalement, un peu de hauteur ne lui ferait sans doute pas trop de mal, et c’est ainsi que Lizzie retenta un envol…

Elle passa le reste de sa journée à s’entraîner de façon plus ou moins réussie à voler, ce qui n’était pas une tache très simple, surtout quand il fallait éviter les autres créatures qui peuplaient à présent le « zoo-Poudlard ». La chute la plus mémorable qu’elle fit fut tout de même lorsqu’elle se cogna dans un miroir… Elle aperçut par la même occasion sa nouvelle allure, et faillit mourir d’une crise cardiaque ! D’immenses oreilles lui avaient poussé de chaque côté de sa petite tête bleue, elle avait aussi de grands yeux globuleux absolument horribles, mais fort heureusement, la métamorphose lui avait laissé ses cheveux blonds qui pendait étrangement mais masquaient fort heureusement son crâne proéminent. Ouf ! Toutes les apparences n’étaient pas perdues …

La journée passa … très rapidement, et le soir tomba encore plus rapidement, les jours n’allant pas en s’allongeant. Ceci posé, Lizzie se dirigea pour la troisième fois de la journée vers la grande salle, en voletant allègrement. Elle maîtrisait à présent quasi-parfaitement ses fines ailes et trouvait que flotter dans les airs n’était pas la chose la plus désagréable qui fut.
C’est donc de fort bonne humeur que la jeune rouge et or fit son entrée dans une grande salle redécorée pour l’occasion et peuplée de créatures étranges. Elle salua les squelettes qui gardaient l’entrée d’une galipette aérienne avant de se diriger vers le buffet…

C’était bien joli tout ça, mais même les pixies ça mange…

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Adam Audley
Elève de 5ème année
Préfet de Serdaigle
Elève de 5ème annéePréfet de Serdaigle



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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Jeu 22 Mai - 2:17

En cette matinée de 31 Octobre, la salle commune des Serdaigle avait été signée par la griffe habile de quelques talentueux lanceurs de sortilèges, qui étaient parvenu à faire voleter dans l'espace circulaire une mince banderole bronze sur lequel figurait en lettre noires le superbe apophtegme suivant :
« Vos devoirs en tremblerons encore ! »
A peine Adam était descendu de son dortoir que l'œuvre d'art lui glissa sous le nez comme un Quetzacoatl sans ailes (ni plumes, d'ailleurs) chargé d'avertir de la semi-hécatombe qui se déroulait. Par on ne savait quelle lubie, des élèves de Serdaigle avaient jugé amusant de transformer la moquette en herbe mourante d'où s'échappaient de façon aléatoire quelques flammèches qui n'étaient pas sans rappeler des feux-follets. Le hic dans tout cela, c'était que ces derniers semblaient être attirés par les pieds des élèves qui révisaient ou terminaient la rédaction d'un devoir, et les déconcentrait indubitablement dès qu'ils commençaient à recouvrer un semblant de concentration, déjà pas mal perturbé par une petite fée minuscule et moche qui avait la fâcheuse manie de piailler aux oreilles. Si les plus jeunes en riait de bon cœur, les cinquième, sixième et septième année fronçaient le sourcil d'une manière qui ne présageait rien de bon et tentait de paralyser la moindre décoration enchantée qui s'approchait de trop près de leurs pieds ou de leurs oreilles. Malheureusement pour eux, la préparation semblait ne comporter aucune faille, car depuis sept heures du matin, même Ysaure, une septième année réputée pour son talent en matière de sortilèges, n'avait pas réussit à trouver le désenchantement adéquat.
Adam, qui observait la scène avec un amusement certain, ne semblait pas étonné le moins du monde. La farce était brillante, l'idée convaincante et le préfet n'avait pas jugé utile d'empêcher les trois sixième année de se défouler un peu pour Halloween, malgré le fait que le scénario cauchemardesque lui soit retombé aux oreilles trois semaines auparavant. Il savait même quel Serpentard avait servit de liaison aux trois garçons pour faire entrer en toute illégalité la fée dans Poudlard. Mais comme déjà cité, la blague n'était pas au goût de tous et lorsqu'Adam entama les premiers pas pour traverser la salle commune, une grande brune à l'air franchement exaspéré vint à sa rencontre en trois enjambées furieuses.


« Oui ? » Susurra Adam comme si rien autour d'eux ne sortait de l'ordinaire.
« Adam, tu es préfet, par pitié fais quelque chose ! J'ai des toiles d'araignées qui n'arrêtent pas de me tomber dessus, leur espèce d'ignominie ailée n'arrête pas de me subtiliser mon encrier et mes plumes et j'ai un devoir à achever pour dans trois heures ! Je ne m'en sortirais jamais dans un vacarme pareil ! »
Un soupir s'échappa des lèvres fines du préfet, qui releva le regard pour observer le plafond couvert de toiles et d'araignées à l'apparence mécaniques, dont les pattes ressemblaient si furieusement à des fils de fer qu'elles ne laissaient guère de doute quant à leur forme initiale. L'âtre brûlait comme à l'accoutumée, mais les flammes avaient troqué leur tons rougeoyants habituels pour des tons verdâtres qui envoyaient dans toute la pièce un éclat sombre.

« Écoutes Ysaure, pour ton devoir, cela m'étonnes de te voir t'y prendre à la dernière minute, toi qui est d'un naturel si prévoyant. Et c'est halloween, il faut bien les laisser se changer un peu les idées, non ? Je regrette, mais je ne vois rien d'illégal ici... »

Certes, la fée qui lui passa à toute allure au dessus de la tête n'était pas franchement à sa place, mais le jeune homme ne se sentait pas d'humeur à jeter mille et un sorts d'annulation pour une minorité.
« Mais...
- Non, je ne vais pas m'amuser à chercher les fautifs toute la matinée. J'ai un cours d'Histoire de la Magie qui m'attend dans une heure et je n'ai même pas encore eu le plaisir de goûter ne serait-ce qu'à un jus de citrouille. Silencio. »

La fée qui s'approchait d'Ysaure en battant de ses ailes en forme de feuille morte ouvrit la bouche, une expression stupéfaite sur son visage couvert de terre tandis que son ricanement s'arrêtait net.
« C'est tout ce que je peux faire. Ajouta le préfet en reposant un regard catégorique sur la jeune fille.
- Au moins on a les cris hystériques en moins, merci... »

Un sourire accompagné d'un haussement d'épaules conclut la conversation et notre Serdaigle put enfin s'échapper de la salle. A peine la porte avait été ouverte, d'ailleurs, qu'une dizaine de Bleu et Bronze à l'air désespéré, les bras encore chargés de parchemins, le suivirent dans son mouvement.

A la table des Aigles, les conversation allaient bon train et c'est avec un naturel surprenant qu'Adam se joignit à ces dernières, aidé par un de ses sourires amicaux qui lui valaient sa si bonne réputation. Deux filles en face de lui papotaient des évènements en salle commune, spéculant joyeusement sur les possibles auteurs de ces derniers en avalant à grandes gorgées un thé au citron fumant. A sa droite, un quatrième année avalait une tartine trempée dans du chocolat chaud en questionnant Adam sur les dernières présumées victoires des Canon de Chudley auquel le jeune homme répondit par un haussement d'épaule signifiant son ignorance. A l'inverse de son frère (qui semblait parfois n'avoir que pour but de battre les records de violence en lancé de cognards), Adam était loin de se passionner de Quidditch. Il s'intéressa plutôt à son camarade de gauche qui attira habilement son attention en lui proposant un jus de citrouille et en le lançant sur les derniers livres qu'il avait rapporté de la réserve pour leur prochain « cours de soutien ». La conversation animée par les commentaires plus ou moins utiles de son interlocuteur se termina sur un verre avalé avec précipitation et un regard sur sa montre qui lui indiquait que le temps commençait à lui être compté avant la prochaine sonnerie. Les cours allaient commencer dans une demi-heure et le préfet n'avait même pas encore relu ses dernières notes sur la destruction des artefacts magiques aztèques au seizième siècle. Il s'engageait dans le hall d'entrée quand une sensation peu commune le figea sur place. Son estomac semblait tout à coup chargé de bulles, de bulles qui se démultipliaient tant et bien qu'un gargouillis fit vibrer les parois de son ventre. Le jeune homme eut un rictus, qui se transforma en grimace lorsqu'une douleur saisissante lui crispa le ventre et s'éparpilla à une vitesse fulgurante dans tout son corps. Malade ? Cela faisait bien longtemps que ça ne lui était plus arrivé, et ç'aurait été la première fois que les prémices d'une maladie auraient été aussi surprenants. Cela ne se pouvait pas, il ne ressentait déjà plus rien, d'ailleurs ; hormis une certaine fébrilité à se tenir ainsi sur ses deux pattes. Le jeune préfet secoua la tête, déstabilisé et remonta ses lunettes qu'il sentait glisser de son nez, quand une clameur assourdissante lui perça les tympans, tant et si bien qu'il s'en griffa même l'arrête du nez. Ses yeux se plissèrent de douleurs et lorsqu'il les rouvrit, un monde aux silhouettes mal dessinées se précipitaient dans la confusion la plus totale en dehors de la grande salle.


« Qu'est-ce que c'est que ça...? »

Sa voix chaude et grave résonna plus vivement qu'à l'accoutumée à ses oreilles endolories mais dans toute cette confusion, il n'eut pas le temps de se rendre compte de ces nouvelles sensations aussi intrigantes que douloureuses car un ogre lui fonçait dessus en criant d'une voix enfantine, ses grosses mains cachant apparemment ses yeux. Un bond et Adam se retrouva sur les épaules d'une statue dont la pierre crissa sous ses mains. A quatre pattes sur le buste de Merlin et des frissons lui parcourant l'échine, le préfet se résolu enfin à prendre compte de ses mystérieux changements sensoriels. Il sentait ses oreilles s'agiter tandis que les cris, les rires et les pleurs retentissaient de partout, et sa queue, non, ses queues ! battre l'air avec mécontentement. Il cligna des yeux sans parvenir à voir clairement à travers les vitre de ses lunettes, et leva une énorme patte noire pourvues de griffes toutes sorties. Et alors qu'avec une certaine stupeur il contemplait cette grosse patte pourvue de coussinets, la voix du directeur de Poudlard retentit dans le château par dessus le brouhaha.

19 heures. Bien malgré lui, Adam avait suivit le flot d'élèves mutés jusqu'à la grande salle, là où tout avait commencé. Ses oreilles de félin percevaient avec une netteté hallucinante les paroles des créatures les plus proches, dont certaines se promettaient entre elles d'aller dire deux mots à Albus Dumbledore si ce dernier avait le toupet de se présenter face à eux. Un sourire d'amusement aurait bien put naître sur ses lèvres s'il n'avait pas été physiologiquement privé de cette capacité et il se contenta de se faufiler entre les pieds et les pattes avec souplesse. Il retint d'ailleurs au dernier moment sa grosse patte noire de s'écraser sur une petite chose qui boitillait et qui avait attiré son attention. La journée s'était révélée plutôt riche en évènements. Après avoir regagné la salle commune à quatre pattes, Adam s'était retrouvé dans un parc cerné de murs aux reflets verdoyants où jaillissaient des feux follets et entraient des harpies, vampires et même une chimère qui s'exprimait avec la voix d'un de ses camarades de dortoir. Au milieu de cela, une douleur lancinante avait commencer à affecter ses yeux qui ne parvenaient pas à distinguer le moindre contour nettement. Et ça discutait, et ça s'exclamait, au milieu de cette foule aux allures les plus improbables Adam rageait intérieurement, aussi bien de l'ignorance la plus totale de son apparence que de la fragilité nouvelle de ses sens. Des vagues de mouvements où l'on se bousculait étaient encore nombreux, et au milieu d'eux une petite créature ailée s'évertuait à donner de la voix pour calmer les esprits. La préfète brandissait à bouts de bras son insigne en tentant désespérément ramener le calme sans que personne ne la remarque. Sa maigre autorité avait été balayé par la bêtise et, ignorée de tous et de toutes, son homologue masculin l'observait s'user sa minuscule gorge. Sans réfléchir à ce qu'il faisait, Adam grimpa sur un canapé pour sauter sur le dossier du fauteuil le plus proche de la préfète, dans lequel il planta ses griffes tandis que le meuble tanguait dangereusement. La préfète sursauta, mais enfin, cette pauvre mais bonne âme s'était tourné vers lui. Enfin quelqu'un lui serait utile dans tout ce remue ménage et le préfet n'avait pas attendu pour profiter de son attention.


« En échange d'un coup de pouce, tu me retirerais mes lunettes ? »

La petite créature ailée, toute surprise, s'était ensuite exclamé et celle en Adam contenue pour ne pas s'agacer plus que de raison. La jeune fille l'avait donc débarassé de ses lunettes et Adam avait usé de sa voix et de son perchoir improvisé pour rétablir un semblant d'ordre dans la salle commune, avant de monter dans son dortoir et d'observer sa nouvelle apparence, suivit par la préfète à qui il dût promettre d'aider à surveiller les élèves de Serdaigle le soir même durant le banquet.
Bien sûr, il s'était attendu à une telle vision lorsqu'il avait sentit deux queues à l'extrémité de sa colonne vertébrale, et ses oreilles pointues se mouvoir de manière indépendante, mais il devait s'avouer qu'observer un Nekomata à la place de son reflet dans un miroir était une expérience pour le moins surprenante. En effet, il y avait découvert un énorme chat noir aussi haut qu'une panthère qui le fixait avec des yeux ambrés perçants tandis que ses deux queues s'entremêlaient paresseusement. C'était donc avec l'apparence d'une créature mythologique japonaise que le jeune homme avait dû par respect envers sa parole et malgré le fait qu'il jugeait toute tentative de surveiller les Serdaigle comme inutile et perdue d'avance prendre part aux festivités. Incognito sous sa forme qui attirait malgré tout l'œil, le jeune homme muré dans le silence se dirigea jusqu'au buffet et se dressa sur ses pattes arrière pour tenter d'attraper quelques apéritifs au hasard de ses griffes.
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Neil Riley
Elève de 3ème année à Poufsouffle
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Dim 25 Mai - 18:28

Neil n’avait jamais été un garçon très ponctuel. S’il se levait tôt le matin, il avait besoin de prendre son temps, et cela pouvait se traduire par quelques rêveries incompréhensibles devant un miroir, une chaussette à peine enfilée ou un bol de lait presque froid. Même l’éternelle impatience d’Eddy n’y faisait rien, absorbé comme il l’était dans ses rêveries, piégé dans ses pensées brumeuses. Ainsi, lorsqu’il se décidait enfin à aller en cours, il devait rompre avec sa veulerie pour s’élancer dans les derniers couloirs, avec une énergie surprenante, et un poufsouffle essoufflé à ses trousses. Le pauvre Eddy n’avait malheureusement pas son légendaire self-contrôle et sa remarquable endurance. Il était le premier à l’assaillir de « dépêches toi ! » quand il ne bougeait pas, et à le supplier de l’attendre dès qu’il commençait à s’activer. Et, en cette dernière matinée d’octobre, il devait le payer cher. Le cours de botanique allait commencer. Comme toujours, les minutes avaient filé trop vite. Neil s’était arraché à regret de sa chaise pour se ruer hors du château. Des cris suspects s’élevaient dans les étages mais il n’y prêta pas attention, il était déjà arrivé en retard la semaine passée – était-ce sa faute aussi si les temps pluvieux ne lui donnaient aucune envie de sortir ? – et, Chourave avait beau être une professeure tolérante, elle finirait par se lasser. Selon les cours, un retard de quelques minutes n’était pas dramatique du moment qu’il ne se reproduisait trop régulièrement. Ses baskets usées et trop larges s’enfonçaient doucement dans la terre humide et son camarade le suivait péniblement, en butant sur des obstacles invisibles. Il ne s’était pas arrêté quand une vive douleur l’avait saisi au ventre. Il n’avait pas le temps de souffrir, ça passerait sans doute, même dans les états les plus critiques, le jeune garçon trouvait le moyen de relativiser, fou comme il l’était, il serait bien capable de se redresser avec une jambe cassée. La mâchoire crispée, il fit encore quelques pas puis, le mal passa aussi vite qu’il était venu et son allure s’allongea à une vitesse impressionnante. Il courait tellement vite qu’il devait s’appuyer sur ses mains pour garder la cadence sans tomber. C’était une sensation étrange, mais si agréable qu’il ne se posa aucune question, et il se retourna pour entraîner Eddy avec lui. Ce garçon était d’une lenteur désespérante.

Et là, le drame se produisit. Au lieu d’attraper Eddy par le bras, il ouvrit la bouche et l’avala. Attendez… Pourquoi avait-il tendu la bouche ? Et comment avait-il pu avaler un garçon de sa taille ? Il l’entendait hurler à l’intérieur de sa gorge, et le processus de rejet ne tarda pas à se déclencher. Il baissa la tête, et cracha une petite boule de poils enveloppée dans un filet de bave mousseux. C’était Eddy ça ? Il tourna son autre tête en arrière sans comprendre. Son autre tête ? D’aussi loin qu’il se souvienne il n’en avait jamais eu qu’une. Et tandis qu’il commençait sérieusement à s’inquiéter, la voix apeurée d’Eddy s’échappa de la minuscule boule de poils.

- N… Nei… Nei… Neil ?
- Eddy ?! s’exclama-t-il surpris.

Ce qui semblait être Eddy s’évanouit aussitôt. Il voulut le secouer avec sa main, mais une grosse patte noire envoya la pauvre boule de poil voler quelques mètres plus loin, aux pieds d’une créature humanoïde aux yeux fendus, et couverte d’écailles. C’était quoi ce délire ? Eddy avait pris l’apparence d’une moumoute, il avait tout l’air de ressembler à un gros chien à deux têtes et une espèce de lézard sur patte se promenait librement dans le parc.
- Ne lui fait pas de mal ! lança-t-il à l’adresse de la créature reptilienne en se précipitant vers le pauvre Eddy.
La créature eut un mouvement de recul apeuré, puis un fin sourire découvrit une rangée de dents pointues et il déclara d’une voix narquoise :

- Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça je crois… C’est ton ami cette chose ? Si j’avais tes crocs je n’en aurais fait qu’une bouchée. Je n’aurais jamais pensé que quelqu’un serait assez stupide pour prendre une apparence aussi ridicule. Un boursouf…
Cet autre élève transformé amorça un rire, stoppé net par le grognement profond qui s’échappa des gorges de Neil.
- Eh tout doux, je plaisantais.
Et il se laissa retomber sur ses quatre pattes pour rejoindre d’un pas rapide et fluide un groupe composé d’un énorme sanglier au poil hérissé, d’un serpent à crête et d’une dryade. Cependant que le poufsouffle commençait à se demander si une malédiction n’avait pas frappée Poudlard, la voix de Dumbledore traversa le parc pour leur annoncer qu’il s’agissait d’une plaisanterie, et qu’ils allaient garder leurs apparences monstrueuses jusqu’à minuit.
- Neil ! s’écria Eddy en reprenant ses esprits.Le dragon avait raison… Je suis ridicule. J’aurais pu avoir une créature impressionnante, et je suis un vulgaire boursouf… Je n’aurais pas pu tomber plus bas ! Même une potion capable de transformer les gens en monstre ne peut rien faire de moi…
Il le considéra avec pitié.
- Je suis désolé Eddy… Tu sais c’est pas…
Un franc éclat de rire avorta sa phrase. Non, comment pouvait-il le plaindre ? Il ne lui arrivait que des choses stupides. C’était bien dommage pour lui, et tellement drôle pour les autres. Comment pouvait-on imaginer ce brave Eddy sous les traits d’une créature monstrueuse ? La boule de poil lui seyait à merveille. Mais, par égard pour son camarade – qu’il refuserait toujours d’appeler « ami » malgré toute l’affection qu’il lui portait – il se contenta de le penser.
- Neil arrête ! C’est pas drôle !
- Excuse moi Ed’, j’y peux rien, c’est nerveux. Un boursouf…
- C’est facile de se moquer quand on a pris l’apparence d’un orthos…

Cette déclaration pincée le calma. Sa métamorphose ne lui semblait pas particulièrement flatteuse et il n’aurait jamais eu l’idée de s’en vanter. Neil n’aimait pas se donner des airs supérieurs, et, quand votre fidèle compagnon revêt l’apparence d’un chien géant, le sentiment d’humiliation était tout à fait légitime. En même temps, Eddy ne le cherchait-il pas en s’entourant d’individus plus affirmés que lui ? Il secoua la tête comme pour chasser cette mauvaise pensée et il lui donna un petit coup de museau qui se voulait réconfortant.
- Oh allez, prend ça à la rigolade, arrête d’inviter les moqueries. Et puis c’est mignon un boursouf. Parce que moi, très franchement, le coup de l’orthos, je sais pas trop comment le prendre.
- Je crois que cela signifie que tu es prédestiné à devenir garde du corps Neil
, déclara d’une voix fluttée un lutin aux yeux pourpres et brillants en se faufilant entre ses pattes pour échapper à un cocatrix.
- Mervin ? demanda-t-il d’une voix joyeuse.
Joie qui n’était visiblement guère partagée.

- Lui-même… Fraîchement débarqué de bretagne. Je ne serais décidément jamais aussi impressionnant que toi. On dirait que tu le fais exprès., soupira le serpentard d’une voix lasse en commençant à escalader sa patte.
- Eh mais qu’est ce que tu fais ?!
- J’assure ma protection c’est tout. Je fais une vingtaine de centimètres et tu dépasses les trois mètres, avec toutes les créatures qui traînent dans les parages tu ne vas quand même pas me refuser ça. De toute façon tu n’as pas le choix.

Neil aimait Mervin, et il l’estimait bien plus qu’Eddy, mais ce fourbe vert et argent avait toujours le chic pour s’imposer quand il avait besoin de lui. Toute protestation était inutile, le lutin s’accrochait fermement à sa fourrure et il n’hésitait pas à la tirer pour l’inciter à avancer. Après avoir baissé une tête pour éviter à Eddy de se faire écraser ou malmener par un démon joueur, il aida le Serpentard à retrouver ses amis perdus dans la cohue – ce qui n’était pas une mince affaire puisqu’il ne les avait pas vu se transformer. Son flair l’égarait plus qu’il ne l’aidait. Comment les chiens faisaient-ils pour s’y retrouver au milieu de tant d’odeurs ?

Trop grand pour suivre ses cours, Neil avait passé le restant de la journée dans le parc, en compagnie d’autres rebuts, et tous ceux qui avaient profité des perturbations pour s’offrir la liberté. Son apparence attirait beaucoup d’élèves, et son succès finit par lui tirer une certaine fierté. « Tu dois avoir un sacré caractère pour cacher un orthos ! » « Je me demande dans quelle maison tu es… Allez avoue que t’es un Gryff’ ! » « J’ai comme l’impression que je n’aimerais pas t’avoir pour ennemi… Dis nous au moins qui tu es que l’on prenne note ! ». Mais le poufsouffle se taisait, et relevait de temps à autre la tête pour déséquilibrer Eddy lorsqu’il essayait de se manifester pour lui épargner une réponse. Cet idiot ne comprenait rien. Il n’avait aucune envie que le tout Poudlard sache que Neil Riley, ce Poufsouffle paisible et rêveur de troisième année dissimulait la férocité d’un orthos. Les regards changeraient. Il ne voulait ni être craint, ni susciter des admirations intéressées. Son statut de jaune et noir sympathique mais insignifiant lui convenait très bien, aussi incompréhensible fût-ce pour quelqu’un qui n’avait jamais attiré personne. La découverte de son nouveau corps l’avait beaucoup amusé cependant. Sans prêter attention aux plaintes de son petit cavalier, il avait fait plusieurs fois le tour du château en courant, ce qui avait fini par faire sortir Hagrid de sa cabane. Les yeux brillants d’émotions il s’était approché de lui pour lui donner de grandes tapes sur les flancs, oubliant complètement qu’il s’agissait d’un élève. Il ne semblait pas entendre ses timides « Mais… professeur… » et Neil ne savait plus où se mettre, surtout quand il alla chercher un gros bâton pour le lui lancer et qu’un instinct étrange le poussa à l’attraper.

- Heu… Professeur Hagrid, excusez moi mais je dois aller me préparer pour le bal de ce soir, avait-il fini par dire afin de s’éloigner poliment de l’aimable garde-chasse en priant pour qu’il ne reconnaisse pas sa voix.
Heureusement, le demi-géant ne releva rien, il ne s’étonna même pas de l’étrangeté de sa déclaration. Comment pouvait-il se préparer sous la forme d’un chien à deux têtes ? En se mettant des guirlandes de noël autour de ses cous ?

L’idée d’aller au bal ne l’enchantait guère. Neil n’aimait pas ce genre de manifestation, où tout n’était qu’artifices calculés, techniques ridicules de séduction, fermentation et agitation. Les comportements de masse l’agaçaient, il n’aimait pas danser et les sollicitations excitées des filles l’agaçaient autant qu’elles le gênaient. D’ordinaire, il passait sa soirée dans la salle commune, avec sa basse et un Eddy qui appuyait vivement toute son argumentation, alors qu’il mourrait d’envie qu’on le traînât dans la grande salle – ce qu’évidemment, personne n’aurait songé à faire. Il était cependant tentant de découvrir une salle peuplée d’élèves transformés en monstres. Rien ne serait plus hideux et artificiel, et ce renversement des conventions séduisait le jeune Poufsouffle. Qu’aurait-il pu faire de toute façon ? Sa taille ne lui permettait pas de rejoindre les sous-sols, et il n’avait pas très envie de passer la soirée dehors, au risque de se faire à nouveau repérer par Hagrid. Son boursouf d’ami cramponné à l’une de ses têtes, il s’était donc aventuré d’un pas lent dans la grande salle en surveillant le sol de son autre tête pour éviter de poser malencontreusement sa patte sur un élève. De nombreux regards se tournaient vers lui, partagés entre l’ébahissement et la terreur. Il ne reconnaissait pratiquement personne, seul Mervin, assis sur une chope retournée à côté d’un sphinx qui avait tout l’air d’être une serpentard de son année lui adressa un signe de main, mais son attention fut détournée tandis qu’il s’approchait du bar par un moqueur : « Eh regarde, le cerber a un plumeau sur la tête ! Tu crois que c’est un élève cette chose ? A sa place j’aurais jamais osé me ramener avec un… ». Le grondement qu’il sentait naître au fond de ses gorges gagnait en puissance et en résonance. L’importun n’alla pas plus loin. Ce n’était pas un hippogriffe prétentieux qui allait l’impressionner.

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POUFSOUFFLE FOREVER !

Yo man !

... C'est cool d'être aussi cool que moi ...


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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Dim 25 Mai - 21:47

Une chose était certaine, cette soirée serait mémorable si les bons éléments étaient réunis pour l'intégrer au rang supérieur à simple délire imaginatif d'Albus Dumbledore. Elle pourrait souligner le pathétisme des pires individus de Poudlard comme affirmer avec éclat le caractère des meilleurs. Et si Liliana mettait la main à la pâte et se contentait de se borner à son rôle de journaliste au sens le plus strict et le plus inhumain du terme, cette sauterie signerait l'arrêt de toute vie sociale de nombreux individus qui s'étaient forgés trop longtemps une personnalité au sein de l'école sur du vent. Liliana pourrait faire ça, et savait que la tentation irait croissante au fur et à mesure de la soirée. Cette certitude s'était imposée à elle avec autant de rapidité que le geste du squelettique barman était expert, et le servit pitoyable. Son regard azur s'attarda d'ailleurs sur le mustélidé qui lapait maintenant le museau dans son verre et un sourire franchement narquois étira un coin de la lèvre de la Gorgone dont les serpents sifflaient d'intérêt en direction de la fouine à trois pattes. Y avait-il mieux qu'une fouine handicapée en guise de repas pour la flopée de serpents affamés qui la couronnait ? C'était un instinct tout prédateur, à peine contrôlé qui lui faisait plisser les yeux avec délice alors qu'elle s'imaginait déjà malmener le pauvre individu qui avait revêtit une des formes les plus stupides de toute l'école. Lorsqu'elle saurait de qui il s'agissait, elle ne manquerait pas de réduire à néant sa réputation, si tant est qu'il en avait eu une. C'était perfide et mauvais, peu mature, tout bonnement professionnel en fait. Mais de toute façon, elle n'eut guère le temps de s'attarder davantage sur cette fouine estropiée – son envie subite s'estompait déjà de toute façon, lorsque l'on s'appelait Liliana Vanloock on ne perdait pas son temps avec n'importe quoi hormis par lubie – car une raillerie attira son attention comme l'artiste une ébauche de symphonie... ou un sombral un tas de viande. Tout était fait pour son plaisir hormis son apparence, bien qu'elle éprouvait petit à petit une forme de satisfaction sinon de fierté d'avoir été métamorphosée en la mythique Médusa, même ses camarades installés non loin d'elle arrivaient à l'amuser.
« Eh regarde, le cerber a un plumeau sur la tête ! Tu crois que c’est un élève cette chose ? A sa place j’aurais jamais osé me ramener avec un… »
Un rire cristallin s'échappa de la gorge de la Gorgone, un rire qui coupa court lorsqu'un double grondement rauque retentit derrière son dos avec force, assez de force pour lui laisser penser que le dit cerbère n'était pas bien loin... voir un peu trop près... Et lorsqu'elle se retourna, c'était un immense chien à deux têtes qui grondait en direction de l'hyppogriffe qui s'était installé un peu plus tôt à la droite de Liliana. Le regard rivé sur le chien, Liliana resta figée de saisissement pendant un laps de temps qui lui parut interminable. Quel élève avait bien put se transformer en une bête à l'apparence aussi féroce ? Elle imaginait déjà Archibald Eliacin, Sang-Pur consanguin aussi massif que Goyle mais bien plus dangereux par son indépendance de pensée alliée à une capacité de réflexion tout bonnement erratique... Agressif comme il était et si prompt à la bagarre, cela n'aurait pas été étonnant de le retrouver sous cette forme... Et ne l'enchantait pas franchement de le trouver en face d'elle. Aussi détourna-t-elle habilement son regard pour le fondre sur l'imprudent qui avait ouvert la bouche.

« Ça n'est pas un Cerbère, c'est un Orthos, imbécile. Revoies un peu ta mythologie avant d'essayer de faire de l'esprit. »

La remarque attira un haussement de bec hautain de l'hyppogriffe qui s'apprêtait déjà à répliquer si les rires peu compatissants de ses « amis » ne lui avaient pas mieux coupé le jarret que toutes les remarques cinglantes de la Serpentard. Cette dernière rejeta un regard discret à l'Orthos, tandis qu'elle même révisait intérieurement, tentant entre deux claquement d'ongle contre le bois du bar de se souvenir de l'histoire du chien à deux têtes dans la mythologie. Il était toujours moins terrible que le gardien des Enfers, prêt à démembrer les fuyards du royaume d'Hadès, mais l'Orthos... C'était, lui aussi un gardien, non ? Si sa mémoire s'avérait bonne, Liliana avait acquit une certitude bien rassurante : il ne s'agissait pas de l'ahuri fou dangereux d'Eliacin. Et réflexion faite, elle ne le verrait effectivement pas se trimballer avec un plumeau sur la tête, qui que ce plumeau fût ! Et si ça n'était pas Archibald, ça ne pouvait pas être quelqu'un de pire, aussi Liliana osa faire preuve de sa curiosité habituelle – après avoir prit une gorgée de courage dans son hydromel et une pincée de fierté en relevant le menton d'un air inquisiteur adoucit par l'amusement qu'elle laissait transparaître dans l'éclat de ses yeux. Éclat tout bonnement artificiel d'ailleurs, puisqu'il s'agissait de ne pas montrer plus que de raison qu'Elle avait perdu contenance l'instant d'avant.

« Tu ne passes pas inaperçu, toi. Quel grognement ! Redoutable, mais malpoli tout de même. J'aurais pu prendre peur, ou plutôt quelqu'un d'autre à ma place aurait put. Un petit mot pour la Gazette de Poudlard, ça fait quoi de voir le monde de haut ? »

Un petit sourire malicieux dessina ses lèvres en même temps qu'elle adressait un clin d'oeil engageant à l'Orthos. Inutile de montrer qu'elle se serait volontiers fichu du boursouf qu'il protégeait s'il n'avait pas cloué le bec de l'hyppogriffe d'un simple grognement. Et cet élève là semblait être un des candidats idéals qu'elle recherchait pour entamer une ébauche de son prochain article. Un Orthos au sein de... Mais de quel Maison pouvait-il faire partie ? Elle ne le voyait déjà plus, pour ce que représentait la créature, à Serpentard, malgré une petite lueur d'espoir – ne savait-on jamais, peut-être cette Maison contenait des êtres plus loyaux qu'on ne le laissait entendre ?
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Sayannel Shay'tâhn
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Jeu 29 Mai - 19:43

La note mélodieuse retentit dans l’escalier, son écho rebondissant sur les murs à l’infini, comme s’il avait été enchanté pour durer. La créature qui l’avait chantée apparut au coin d’une rambarde, maugréant intérieurement contre le directeur de l’école.

La matinée avait très bien commencé…non, ce n’était pas une bonne entrée en matière, et en plus elle n’était pas véridique. Il faut dire que se lever tôt pour devoir assister à deux heures de cours de Potions n’est pas ce que j’appellerais un bon réveil. Aussi quand les premiers accords de « The Freezing Moon » avait retenti sur son réveil, Sayannel avait replongé la tête sous son oreiller, tentant de grappiller quelques précieuses minutes de sommeil à Morphée, mais celle-ci ne l’entendait pas de cette oreille. La voix unique au monde (et, il faut bien le dire, assez rauque) de Dead avait achevé de le tirer de sa léthargie et il s’était assis sur le bord de son lit, essayant de regagner ses esprits quelque peu embrumés.
Lorsque les quinze minutes nécessaires pour se réveiller complètement et s’habiller eurent passé, l’estomac du jeune garçon se s’était rappelé à lui. Dans un gargouillement apocalyptique, il lui avait signalé qu’un peu de sustentation sera la bien venue s’il ne voulait pas tomber d’inanition devant Rogue. Estimant que son estomac avait raison, il était, d’un commun accord avec lui-même, descendu jusqu’au garde-manger… euh, à la Grande Salle.

En entrant dans l’immense salle où se déroulaient diverses manifestations quotidiennes (annonce, remises… choses de peu d’intérêt) ainsi que les repas (beaucoup plus intéressant !), Sayannel s’était tout de suite senti chez lui, à l’aise. Se glissant dans un siège libre à côté d’un autre Gryffondor, il avait joyeusement empilé de nombreux mets appétissants dans son assiette, jusqu’à ce que celle-ci soit pleine à déborder. Comme tous les matins, il avait été surpris de constater que les assiettes de Poudlard ne pouvaient contenir que peu de nourriture en même temps. En effet, il lui avait fallu se resservir trois fois autant avant d’atteindre la satiété.

Tout en digérant son gargantuesque repas, bien que l’adjectif soit peut-être un peu trop capillotracté dans le cas présent
(Ouais !! J’ai réussi à placer le mot !!!), le rouge et or avait englouti les dernières gouttes de sa boisson puis avait regagné sa salle commune afin de récupérer son matériel de classe. Il venait d’enfoncer deux ou trois fioles d’ingrédients pris au hasard dans son sac lorsqu’une soudaine douleur l’avait fait se plier en deux. Heureusement, celle-ci n’avait été que passagère, et il s’était rapidement redressé.
Il était en train d’essayer de glisser la lanière de son sac sur son épaule lorsqu’il avait eu l’intuition que des mains seraient tout de même plus pratiques que des ailes pour manipuler l’objet… des ailes ??!! Le jeune garçon avait contemplé d’un air ahuri le membre garni de plumes qui lui servait d’extension du corps. Sans comprendre, il avait promené son regard autour de lui et s’était rendu compte que sa tête ne dépassait pas le bord de son lit.
*Ah ouais, je me disais aussi qu’il y avait un truc pas normal là…* Après un quart de seconde d’intense réflexion, il avait décidé qu’il n’y avait rien à y faire, et que plutôt que de s’apitoyer ou de se poser des questions, mieux valait essayer de découvrir ce que c’était que ce bazar.
C’est ainsi qu’il se retrouva, planant au-dessus des escaliers grâce à ses ailes qu’il pouvait voir garnies de plumes dorées et ocres qui chatoyaient au moindre de ses mouvements.

Apparemment, la transformation qu’il l’avait affecté ne lui était pas réservée, mais était scolarisée (ça se dit ça ? Non je ne pense pas… mais c’est pas grave !!). Il pouvait voir en dessous de lui, sur les marches polies des escaliers, toutes sortes de créatures dont certaines semblaient issues d’un esprit dérangé.
Au moins je ne suis pas le seul à me retrouver dans l’incapacité de suivre les cours… dans l’incapacité de suivre les cours… Ce qu’il venait de réaliser le frappa telle une bombe pleine de joie (oui je sais, encore une comparaison miteuse !) : puisqu’il était incapable, sous cette forme indéterminée, d’assister aux cours, il devrait donc s’en passer, et ce dans la plus grande légalité ! Un sourire lui vint en esprit alors qu’il considérait les nombreux avantages de cette information. Pas de Potions, donc pas de remarques désobligeantes. Pas de coupures dues aux plantes de la serre n°2. Finalement, celui qui avait eu cette idée était plutôt un brave type. C’était encore sûrement un coup tordu de Dumbledore mais, pour une fois, le Gryffondor n’y trouvait rien à redire, au contraire !

Passant gracieusement au-dessus d’une espèce de masse gélatineuse à l’aspect peu engageant, l’oiseau atterrit sur le buste d’un sorcier portant en guise de chapeau un blaireau mort (probablement Uric the Odball). Fixant son regard dans la glace en face de lui, il passa en revue son nouvel aspect. Dire que le choix de la créature en laquelle il avait été transformé l’étonna serait un euphémisme. Il fur proprement estomaqué de constater qu’il avait pris l’apparence d’un phœnix ! S’il y avait une seule créature au monde à laquelle il n’aurait jamais songé de se comparer, c’était bien celle-là ! D’après ce qu’il avait pu apprendre d’un préfet Kappa, qu’il n’avait pu identifier que grâce au badge qu’il portait, le directeur n’avait rien trouvé d’autre pour fêter Halloween que de faire boire à ses élèves une potion qui les transformerait, temporairement heureusement, en la créature qui leur ressemblait le plus. Si ça ce n’était pas une idée tordue, alors il ne savait pas ce que c’était !
*Ce type ferait l’extase d’un psychiatre, à coup sûr ! *

Laissant de côté pour le moment la question très large de la santé morale de son chef d’établissement, le jeune Shay’tâhn examina de nouveau son reflet. Son corps, élancé et délicat, était couvert d’un plumage rouge et or, bien que les teintes soient plus sombres que celles qui représentaient Gryffondor. Ses pattes et son bec étaient d’un doré sombre, et un léger duvet ocre recouvrait son cou gracile. Ses yeux avaient gardé leur couleur d’origine, mais ils semblaient plus… captivants, plus profonds. Il comprit alors pourquoi certaines personnes s’étaient arrêtées un moment lorsqu’il avait chanté dans l’escalier. Bien qu’il ne possédât sûrement pas les pouvoirs magiques de l’animal en lequel il avait muté, le chant d’un phœnix restait tout de même quelque chose d’exceptionnel à entendre… sauf bien sûr pour un Serpentard. Pour vérifier cela, il laissa échapper une nouvelle note, plus basse que la première mais plus caressante. De nouveau, une dizaine de passants pilèrent, essayant de capter la source de ce bruit que l’on pouvait qualifier, sans fausse modestie, de divin. Lorsqu’il virent le phœnix perché sur le buste de l’étrange bonhomme, il restèrent un instant béats, puis reprirent leur chemin, se posant visiblement des questions. Peut-être l’avaient-ils pris pour l’oiseau de Dumbledore, qu’il n’avait jamais vu mais dont une troisième année lui avait affirmé l’existence. Si c’est le cas, ils se trompent. Je suis de loin le plus affamé ! En effet, avec toutes ces sottises le temps filait, et l’heure du déjeuner approchait. Le jeune garçon eut alors l’occasion de vérifier que, bien qu’il eut changé de forme, son estomac était resté le même. Ce qui n’était pas plus mal d’ailleurs.
Le phœnix passa le reste de la journée à se promener, ou plutôt à voler à travers le château, découvrant de nouveaux endroits et toujours des nouveaux élèves métamorphosés. En même temps, il songeait aux raisons de sa métamorphose en phœnix, et il était venu à comprendre plus ou moins pourquoi c’était cet être-là qui lui avait été attribué, et pas un autre. Comme le phœnix, il se savait d’une loyauté hors du commun, de même que doté, sans fausse modestie ici encore, d’une intelligence relativement élevée. Comme l’oiseau, il était d’un naturel doux et calme, même s’il faisait tout son possible pour le dissimuler sous une façade d’indifférence. Et surtout – ceci étant pure spéculation de sa part puisqu’il ne pouvait savoir ce qui passait dans l’esprit d’une créature aussi merveilleuse – il croyait en la force de l’amour, ce qui n’était pas le cas de tout le monde songea-t-il en voyant un troll renverser une armure en contrebas. Finalement, l’attribution n’avait peut-être pas été si incongrue que ça…

Alors même que ces considérations lui emplissaient le crâne, qu’il avait joli d’ailleurs (Ok j’arrête avec mes blagues pourries), il atteint les portes de la Grande Salle et pénétra dans le Saint des Saints de tout élève qui se respecte.
La salle avait été décorée en fonction des circonstances remarqua Sayannel d’un regard appréciatif, mais ce qui l’envoya directement tutoyer les anges, mis à part la présence de ce qui semblait fort être un groupe de métal assez sympathique, était la diversité de la nourriture exposée sur une immense table. Des pâtisseries, des choses bizarres à l’air peu appétissant mais qui l’étaient sûrement et tant d’autres…Fusant par-dessus les élèves qui continuaient d’entrer dans la grande Salle, il entonna un chant composé de trois notes modulées sur différentes hauteurs, le tout d’une harmonie parfaite. Ce chant captiva de nombreuses personnes présentes jusqu’à ce qu’il cesse. En effet, il est fort difficile, même pour un phœnix, de faire ne serait-ce qu’un son lorsque l’on a la bouche, en l’occurrence le bec, plein à craquer de mets divers et variés. Un ronronnement de bonheur échappa au garçon phœnix tandis qu’il avalait ce qu’il avait dans la bouche et repartait à l’assaut de nouvelles conquêtes gastronomiques.

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I am the Nightshade that follows your path
I am the Guardian who surveys the path of life
I am the Shadow who whispers in your ear
I am the Nightwatch...



...Ride away with your mighty horse
Ride away through the land of storms...
Unknown are the ways of your journey ahead
But with strength and courage you can avoid your death
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Lun 2 Juin - 3:13

Eddy lui donnait une allure ridicule, l’hippogriffe avait raison. Avait-on déjà vu un chien géant à deux têtes coiffé d’une absurde boule de poil ? Même un doberman acoquiné avec un poussin était plus crédible. Mais comment aurait-il pu abandonner le pauvre Eddy ? Un élève métamorphosé en boursouf était une proie rêvée pour cette horde de monstres, personne n’aurait voulu de lui, et le laisser près de la salle commune était trop pénible. Ce n’était pas comme s’ils n’allaient plus se revoir. Ce falot partageait son dortoir et comptait sur son ‘amitié’ pour entretenir l’illusion d’une vie sociale. S’il le rejetait, il devrait supporter chaque jour l’idée que son camarade s’enfermait dans la solitude à cause de lui, et subissait les attaques mordantes des autres élèves sans personne pour le protéger. Qui, à part lui, ne se moquait pas ouvertement d’Eddy ? Lorsqu’il s’agissait d’actions groupées, les Poufsouffles n’étaient pas plus tendre que les autres. L’Homme se sent toujours dans son droit quand il a l’appui de la masse. Son attitude n’était ni généreuse, ni méritante, elle préservait simplement sa bonne conscience, et elle le rendait méprisable. Il lui arrivait souvent de regretter la faiblesse qui l’avait poussé à prendre le jeune garçon sous son aile le soir de la rentrée. Il est des individus dont on ne se débarrasse plus une fois qu’ils se sont attachés à vous, parce qu’ils n’ont que vous, parce qu’ils sont trop gentils pour être légitimement jetés et parce qu’ils trouveront toujours le moyen d’attirer votre pitié les instants où vous vous sentez assez forts pour demander le divorce.

La remarque impertinente de l’équidé ailé avait éveillé toute sa colère. Etait-il nécessaire d’en rajouter ? Il ne s’inquiétait pas pour sa fierté, mais ce comportement l’avait toujours insupporté. S’appuyer sur plus faible pour assurer sa supériorité était odieux. Et en quel honneur se mettait-il à sa place ? D’où leur venait donc cette récurrence ? Leur créature était un peu plus glorieuse que celle de leurs camarades et ils se réclamaient déjà parangons de la Raison. Il était libre de fréquentait qui bon lui semblait car, après tout, Eddy n’avait pas hérité seul d’une apparence ridicule – bien qu’il fût difficile de faire pire – et tous n’étaient pas une bande d’attardés, ils valaient même certainement mieux que les crétins congénitaux que l’on traitait avec prudence et respect parce qu’ils incarnaient les créatures les plus sauvages du monde magique… Il grognait malgré lui. Sa colère profonde, habituellement dissimulée derrière un visage placide et exprimée de temps à autre par un regard bien senti, raisonnait avec force, son nouveau corps révélait pour la violence de ses sentiments et donnait une idée de toute la brutalité qu’il contenait dans ces instants. Il n’était pas devenu un Orthos pour rien, et il en avait presque honte. Le chien était un animal fidèle, loyal, et l’orthos était moins sauvage qu’un cerbère puisqu’il pouvait se domestiquer afin de veiller sur des troupeaux de créatures magiques. Seulement, il n’y avait que les fous comme Hagrid pour attribuer spontanément ces qualités à un molosse géant, toute personne normalement constituée voyait avant tout une créature féroce, dangereuse et impressionnante. Etait-ce ce qu’il serait si son sang-froid légendaire le quittait ? Selon Mervin, ça ne faisait aucun doute, et se découvrir sous un tel jour l’effrayait presque. Il ne devait pas être reconnu. Sa réputation serait faite. Et il préférait de loin attirer les quolibets à cause d’une apparence misérable – bon… Nous n’irons pas jusqu’au boursouf… - que récolter des regards méfiants sur son passage. Intimider les gens était une ambition et une futile satisfaction qu’il laissaient à d’autres.

Les rires amorcés se turent, et il prenait conscience de toute la pression qu’il pouvait exercer sur son entourage. D’autres en auraient profité, mais lui, il ne demandait rien d’autre que la paix. Il sentait le petit corps d’Eddy grelotter sur l’une de ses têtes. Voilà qu’il effrayait même ses protégés… Alors qu’il s’apprêtait à rassurer le pauvre garçon, une voix narquoise s’éleva à ses côtés. Son cœur stoppa net, ses oreilles se dressèrent. Il la reconnaissait. Depuis qu’il l’avait entendu, au détour d’un couloir, rabaisser deux gryffondor un peu trop prétentieux, il tressaillait dès les premières notes, comme un mélomane touché par une symphonie exceptionnellement poignante. Il ne pouvait prononcer son nom qu’au prix d’un terrible effort. Liliana Vanloock, cette redoutable quatrième année de Serpentard, nouvellement nommée rédactrice en chef de la Gazette de l’école, l’avait ensorcelé quelques semaines plus tôt. Elle lui était apparue un jour d’octobre, aussi rayonnante qu’une incarnation divine. La passion l’avait touché, et il devait désormais vouer un culte à sa beauté dans un silence anonyme. Son exaltation l’avait porté trop haut, la chute était douloureuse. Comment un misérable mortel, un poufsouffle né moldu comme lui pouvait-il mériter l’attention d’une telle perfection ? Il n’avait rien dit, répétait seul son petit manège quotidien, la guettant lorsqu’elle n’était pas là, et l’évitant dès qu’il se montrait. Les caprices de cupidon sont impénétrables. Neil connaissait les tourments des troubles secrets mais celui-ci lui était de loin le plus pénible, puisque, même s’il n’avait jamais eu le courage d’avouer quoique ce fût aux intéressées, il savait que cette fois, la réciproque ne serait jamais rendue, et qu’il n’était même pas digne d’approcher une personnalité aussi haute que Liliana. Et pourtant, elle était là, à quelques pas de lui, et elle prenait, semblait-il sa défense. C’était irréel. Il allait se réveiller. Non, il allait mourir. Non. Il n’était pas Neil. Il n’était personne. Il était un orthos… Elle n’intervenait pas pour lui, mais pour assurer sa protection et peut-être aussi pour ridiculiser un imbécile. Son intervention avait bien plus de classe que son grognement. Quand on vous disait qu’il ne méritait pas d’approcher une si charmante demoiselle !

S’il avait été plus petit, il se serait discrètement éloigné. Mais là, il fallait avouer qu’il était le moins discret de toute la salle. Il ne pouvait pas faire un pas sans renverser un élève et Liliana ne semblait pas décidée à bouger. Et s’il improvisait une conversation de circonstance avec Mervin ? Il tourna une tête vers le minuscule garçon quand la voix désirée et redoutée frôla à nouveau ses oreilles aux aguets. C’était affreux ! Elle lui parlait, à lui ! Elle s’intéressait à son apparence d’orthos et s’il en croyait ses propos, il venait qui plus est de lui donner une fort mauvaise impression. Il passait pour un rustre, un personnage grossier, inconvenant. Que devait-il faire ? Le regard que lui renvoya Mervin était, comme toujours, d’un incroyable soutient et pouvait se traduire par un « Bonne chance mon vieux, heureux de t’avoir connu », et cette loque d’Eddy s’était remise à trembler. Les amis n’étaient jamais là quand on avait besoin d’eux, c’était bien connu…


- Ah… heu… Excuse moi, ça m’a échappé… Je ne voulais paraître déplacé…
, bredouilla-t-il maladroitement d’une petite voix.

Mais la jeune fille, que son apparence intriguait plus qu’elle n’intimidait, improvisait déjà une interview pour sa Gazette. Ça n’aurait pas pu être pire ! Elle le traitait comme une bête de foire. Si Eddy n’avait pas été perché sur sa tête peut-être que… Mais que pouvait-il bien répondre ? Quelque chose qui ait un minimum de classe de préférence… En toute sincérité, il ne pouvait pas dire que voir les gens de haut lui donnait le vertige. Liliana se désintéresserait de lui, et, au fond, il n’en avait pas du tout envie.


- Heu… - Oui, c’était un bon début… Et ensuite ? Il examina les créatures qui s’agitaient sous ses pieds… - ça vous donne l’impression de marcher sur une fourmilière…

Mais encore ? L’image était juste. Plus il contemplait son entourage, plus il se sentait mal à l’aise et décalé. Devait-il l’exprimer ? Les termes ne lui semblaient pas les plus appropriés pour quelqu’un comme Liliana. Il déglutit péniblement, et baissant les oreilles, en ajoutant plus bas d’une voix lasse d’où pointait un mépris à peine feint :


- Le monde a l’air si bas… et la foule si petite et si vaine…
- Plus songeur il ajouta - On comprendrait presque pourquoi les créatures les plus imposantes peuvent détruire sans état d’âme… Enfin... Façon de parler...

Oui, à partir d’une certaine taille, la différence entre un homme et un insecte tendait à se réduire. Il aurait pu écraser certaines créatures d’un coup de pattes sans les voir… Mais n’y allait-il pas un peu fort ? Il avait essayé de reprendre contenance, et ses froides associations d’idées avaient fait le reste… Cependant, la réflexion ne lui semblait pas des plus appropriée lorsque l’on s’adressait à une délicate jeune fille…

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Dernière édition par Neil Riley le Lun 30 Juin - 1:24, édité 2 fois
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Mer 18 Juin - 18:36

Une bête de foire ? Non, l'Orthos était Sa bête de foire maintenant que sa sécurité était entièrement assurée, car pour une raison qui lui était tout à fait inconnue, l'énorme créature semblait plus intimidée d'elle qu'elle ne l'était de lui. Il la dépassait de plus de deux mètres et une seule de ses griffes aurait suffit à la lacérer à mort, mais au lieu de lui adresser un second grognement bien placé comme tout être qui se savait supérieur physiquement – si tant est que cet être sache grogner, bien entendu – il se contenta de lui offrir une simple excuse en lui faisant part de sa crainte de paraître déplacé.
« Trop tard. »
Chantonna-t-elle en laissant son sourire prendre de l'ampleur. Ses yeux brillants, braqués sur l'une des têtes de l'élève métamorphosé parlaient plus pour elle que ses propos. S'il ne comprenait pas la subtilité, tant pis pour lui, elle n'aurait plus qu'à se délecter de ce comportement qui, lui, était bien plus déplacé que le plus bestial de ses grondements. De là à voir un chien géant largué et pataud plutôt qu'un Orthos aux pattes meurtrières, il n'y avait qu'un pas très aisément franchissable. Son talon était déjà levé, l'œil ne craignait plus de s'attarder, mais la curiosité prenait néanmoins le pas. Ça ne fut pas la question la plus évidente qu'elle posa mais son interrogation ne manquait pas pour autant de pertinence. Viendrait ensuite les révélations plus intéressantes, Liliana était assez subtile pour ne pas en venir directement et brutalement à ce qui l'intriguait en premier lieu.
Qu'est-ce que cela faisait, de voir ses congénères réduits à la taille d'une souris ? « Euh... » Mais encore ? L'envoûtante Medusa était au bord de se dresser sur la pointe des pieds pour arracher de la gueule ébène du garçon la réponse qu'elle attendait. Mais avant qu'elle n'ait décidé de lui tirer de ses mains la langue pour y lire ce qu'il y avait écrit dessus, la voix étonnamment fluette d'Orthos sortit d'une de ses gorges, trouvant pour écho un rire franc chez la jeune miss Vanloock. L'image était amusante - quand on s'excluait du rôle ingrat de fourmi, naturellement... L'élève mystère remontait un brin dans l'estime de la blonde vipérine, qui d'un geste avait sommé à sa plume d'écrire à sa place. Les deux paires d'oreilles de l'élève mystère se baissèrent et les serpents de la Gorgone se dressèrent, comme attentifs aux paroles qui se prononçaient.

« Il n'y a pas besoin d'être grand pour comprendre ça... Et ton Boursouf n'a pas trop le vertige, à moins qu'il ait lui aussi des rêves de destruction ? Ça n'est pas un élève, n'est-ce pas ? »
Prions que si. Ainsi, elle n'aurait pas besoin de errer dans la Grande salle à la recherche de la créature la plus méprisable à citer dans le prochain numéro de la Gazette : elle aurait déjà l'impressionnant et le ridicule à portée de plume. De là à dire qu'elle pourrait aller profiter en toute sérénité de sa soirée, n'exagérons rien ! Il manquait quelque chose, quelque chose qui ferait qu'elle puisse ressentir l'envie de s'approprier les moments qu'elle devrait vivre, irrémédiablement transformée, plutôt que de le subir par le devoir que lui conférait ses fraîches responsabilités de rédactrice. L'idée germait sournoisement dans son esprit, mais elle paraissait osée si tôt que l'image de cette dernière prenait forme. Non, tout de même ! Même lorsque l'on était Miss Liliana Vanloock, on avait des limites ! Enfin, des limites extensibles selon l'humeur et la curiosité du moment...

« J'espère que tu n'as pas soif, car Dumbledore n'a même pas eu la délicatesse de prévoir une écuelle géante pour toi. En revanche, je peux te proposer une part de gâteau en échange de quelques réponses. »
Avec un petit sourire, Liliana se retourna et attrapa une assiette dans la pile rangée sur le bar, et eu même la délicatesse de choisir une des plus grosses parts du gâteau au chocolat qui se trouvait non loin. Il fallait dire qu'avoir deux têtes capables chacune de vous couper en deux en face de soit poussaient à la gentillesse... ou alors elle désirait tout simplement obtenir ce qu'elle voulait.
« Première question : Aimes-tu le chocolat ? »
Quelle adorable jeune fille attentionnée, on aurait presque put la comparer à un ange ! Presque, car l'on sentait à travers la lueur de ses iris azurées l'attente habilement contenu derrière un masque d'enthousiasme.
« Deuxième question : Es-tu capable de manger sans avaler l'assiette ni me baver dessus ? Si tu réponds par la négative à la première, je te préviens que je n'hésiterais pas à te lancer un reducto qui te forcerait à chevaucher ton compagnon Boursouf. »
Malgré son sourire, les ondulations du corps sinueux des vipères blondes sur sa tête tendaient à faire évacuer toute trace de doute sur la capacité de la sorcière qui se cachait derrière Medusa à mettre son avertissement à exécution.
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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Mar 24 Juin - 2:28

Une allure imposante n’assurait en aucun cas l’assurance lorsque l’on s’appelait Neil Riley. Derrière ses inquiétantes rangées de dents, sa timidité était bien gardée, et Liliana Vanloock n’était pas le meilleur sujet pour l’évincer. Le sexe féminin l’impressionnait facilement, mais aucune demoiselle ne l’intimidait autant que la Serpentard. Sa force de caractère et ses réparties combinées à un charme indéniable – même lorsqu’un cerceau de serpents entourait son beau visage – la propulsaient loin devant ses compagnes mignonnes et charmante, rendaient sa présence écrasante, étouffante lorsque les égarements s’y mêlent. Il avait tout pour affirmer sa force, sa fierté, et il se contentait de se perdre dans de lamentables excuses. Etait-ce là ce que Liliana Vanloock attendait d’un garçon ? Etait-il à ce point décidé à lui prouver qu’il ne la méritait pas ? Mais, quel type de personnalité serait susceptible de la séduire ? S’il jouait trop sur la fierté, elle serait capable de le détrôner avec dédain, et il perdrait pied puisque ce trait ne pouvait s’associer à sa nature… Quelle était sa nature ? La potion de Dumbledore ne l’aidait pas beaucoup en lui proposant l’aspect d’un Orthos. Il n’était ni une bête féroce, ni un chien docile et domptable, même si sa situation le piégeait sournoisement dans cette figure. Il se trouvait tellement banal… Brutal, peut-être parfois, mais cela n’aidait pas son impression de fadeur qui l’habitait. Pourquoi des gens comme Mervin lui confiaient-ils parfois qu’ils l’enviaient, que sa compagnie était particulièrement agréable ? Sans nourrir de complexe d’infériorité, loin de là, il se sentait pourtant transparent à côté de toutes les personnalités cinglantes qu’il croisait. Voyez Liliana… Il était certain qu’une fille comme elle s’ennuierait vite avec lui. Il commençait déjà à faire son ennuyeux, incapable qu’il était de rebondir habilement sur ses piques… Trop tard disait-elle ? Oui, trop tard pour profiter de l’influence de son exceptionnelle apparence. Le chien à deux tête retrouvait des airs de petit garçon perdu. Le jeu du double masque n’est pas évident à maîtriser lorsque votre personnalité ne s’y prête pas. Neil sait cacher beaucoup de choses, trop même, mais il ne pourra jamais se cacher derrière celui qu’il n’est pas. L’exercice est trop pénible.

La nichée de serpents qui s’agitait sur la tête de Liliana n’était pas là pour le rassurer. Si cette méduse là n’avait pas le pouvoir de le figer sur place – quoique… - il aurait juré qu’elle pouvait le faire rétrécir à vue d’œil. Soumis à ses yeux multiples, ces juges impitoyables, il se sentait de plus en plus vulnérable. Il était à la fois victime de la presse et de l’amour… Existait-il une situation plus délicate et plus gênante ? C’était une véritable torture, mais la douce créature, penchée sur ses perspectives d’articles, n’avait visiblement pas pris conscience de tous les enjeux de leur conversation, et quelque chose lui disait qu’il n’avait pas intérêt à lui laisser entrevoir la moindre faiblesse. Allons ! Il n’avait pas gardé sa passion pour lui tout ce temps pour la libérer malgré lui face à celle qui ne devait Absolument Pas être mise au courant ! L’Homme aime les contradictions, et personne n’ignore qu’il existe sur cette Terre plus d’amours tus qu’avoués. Il sentait la désagréable impatience de la jeune fille qui, loin de ses grandes questions existentielles, attendait du concret pour assouvir l’appétit acide de sa plume. La première réponse tomba, arrachant un rire amusé à la verte et argent. Vrai ? Il avait réussi à la faire rire ? Il lui sembla soudain que son cœur se soulageait d’un poids. Le rire était une voie royale pour se faire apprécier, même s’il n’avait pas vraiment cherché à être drôle. Peut-être pourrait-il éviter de passer pour un ennuyeux… Peut-être avait-il plus que quelqu’un comme Eddy à investir dans la spontanéité… Malheureusement, son état d’esprit le portait vers les complications. Et la réplique de Liliana l’invita à penser qu’il aurait mieux fait d’éviter de préciser ses idées… De toute façon, toutes les remarques de la jeune fille risquaient de le porter vers ces conclusions tant il redoutait sa désapprobation. Ses conclusions, si elles ne l’avaient pas choquées, étaient idiotes, tout ça parce qu’il avait essayé de tempérer ses propos. Il était évident qu’une créature sauvage aussi grande que l’Orthos pouvait déchiqueter des Hommes sans se demander avant s’il ne risquait pas de supprimer de braves gens. Un tigre ne se posait pas plus de question, et pour marquer la différence avec un chien à deux têtes, il suffisait de se dire que pour lui, le schéma de consommation n’incluait pas l’idée d’une attaque. L’homme n’était alors plus une proie, mais un simple bout de viande à cueillir, ou à piétiner. La retenue n’est pas toujours une bonne chose, mais les points de vue dits « extrêmes » étaient trop souvent mal interprétés et difficiles à nuancer malgré la clarté des pensées.


- Non, à la différence près que cette réalité n’est pas aussi flagrante dans un corps humain, dit-il simplement en perdant son regard dans la foule.

Cependant, ses oreilles se redressèrent vivement lorsqu’il entendit parler de Son Boursouf. Comment, en effet, Liliana Vanloock aurait-elle pu passer à côté de ce détail et, surtout, le taire ? Toujours à l’affut d’un nouveau scoop, d’une nouvelle personne à ridiculiser, à critiquer, elle ne pouvait laisser échapper ce détail. Et, avec un art de parler, elle détourna ses questions pour lui demander, l’air de rien, si le petit animal était un élève. Il fallait s’y attendre et il redoutait la question. Que dire ? Il ne pouvait pas trahir Eddy. Ce serait bien malheureux pour lui, et, surtout, Liliana ne devait pas penser qu’il avait des fréquentations aussi pitoyables. Avec un ‘cas’ pareil, il serait définitivement fiché. La vérité se devait d’être modifiée quelque peu, et il essaya de le faire avec le plus grand détachement possible. Mentir ne lui plaisait pas, mais il se trouvait dans une impasse s’il ne voulait pas ternir son image auprès de la demoiselle et, accessoirement, préserver la réputation déjà bien basse d’Eddy.


- Ah ben… J’en sais rien en fait. Il est venu vers moi pendant que j’étais couché dans le parc cet comme il avait l’air épuisé et effrayé, je l’ai laissé… en espérant en fait trouver son propriétaire ici mais… finalement je doute que cette chose soit capable de reconnaître son maître. – Il soupira, las. - Je ne vais pourtant pas le garder toute la soirée... il est bien mignon mais en couvre-chef on a vu mieux…

Il espérait qu’Eddy comprendrait sa démarche, mais il n’en fut évidemment rien. Son ‘ami’, choqué de se faire ainsi railler par une personne de confiance glissa entre ses propos un petit couinement de protestation et commença à s’agiter nerveusement. Surpris et, surtout, stressé – on ne pouvait pas dire que son mensonge soit beaucoup plus glorieux, il évitait juste de dispensables complications. Que pouvait-il faire de plus avec un boursouf ? – Neil redressa brusquement une tête et la boule de poil roula le long de son cou pour atterrir sur son dos. Tant qu’il évitait de se manifester à nouveau, il serait bien mieux ici de toute façon.
Liliana, quand à elle, était déjà passé à autre chose. « J’espère que tu n’as pas soif ». Tient… Que se passait-il ? Pourquoi cette attention ? Il n’en fut pas touché parce qu’il ne la compris pas. Ce n’était pas naturel… La restauration n’était effectivement pas évidente pour un monstre de sa taille, et il avait dû se contenter des eaux du lac et d’un steack cru – dont il n’avait pas osé demander l’origine - généreusement offert par Hagrid depuis le début de la journée. Autant dire que son estomac était loin de la satiété. Un gâteau en échange de réponses ? Pourquoi user de chantage maintenant ? Etait-ce un jeu, ou cela dissimulait-il des intentions encore inavouables ?


- Heu tout dépend des ques…, commença-t-il méfiant. Mais la première question le pris au dépourvu. S’il aimait le chocolat ? - Ou… Oui, dit-il surpris.

Puis il se reprit, et aborda la seconde question en retrouvant une pointe d’humour, sans se laisser démonter cette fois par ses menaces. Il aurait souri s’il l’avait pu. La tournure que prenait les évènements était curieuse, mais assez amusante finalement… Liliana n’avait peut-être pas d’intentions cachées.


- Même sous cette apparence, je pense que je serai capable de manger avec plus de distinction de Crabbe. Tu peux donc réserver ton reducto pour une prochaine fois, ou garder ton gâteau si le parti te semble trop risqué
, lança-t-il comme par défi d'une voix taquine.

Neil ne se sentait pas plus détendu qu’avant, l’idée de manger dans la main de Liliana affolait son cœur, nouait son estomac. Ses canalisations efficaces d’énergie néfastes retrouvaient juste leur bon fonctionnement à force de manipulations de mots. D’instinct, il savait qu’il ne présenterait pas son meilleur profil en bafouillant, et qu’il n’avait pas intérêt à refuser… Etait-il capable de prendre le gâteau convenablement ? Il l’espérait… Après ce qu’il venait de déclarer, il n’avait pas droit à l’erreur.

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MessageSujet: Re: Banquet d'Halloween [De 19H à Minuit]   Lun 7 Juil - 16:50

Tel un cobra déployant sa gorge pourvus d'yeux terribles, Liliana laissait se déployer dans un cerceau funèbre les centaines de têtes exsangues pourvues de billes fixes et opalines, aussi terribles dans leur limpidité que dans leur immobilité. L'impressionante Medusa, qui avait crut trouver plus fort qu'elle en la présence d'un Orthos grondant, palpait maintenant avec toute la délicatesse d'une patte de félin le terrain qui s'offrait à elle. Se faisant, elle n'avait cure de l'aspect aussi envoûtant qu'angoissant qu'insufflait son apparence pour celui qui se retrouve prisonnier de ses mille regards, aussi bien qu'elle ignorait parfaitement celle que son simple nom inspirait à l'organe qui frappait l'épaisse toison ébène du mastodonte captif. Que celui-ci se voit rassuré qu'elle n'ait guère prit une forme totalement reptilienne ! Car la blonde aurait sûrement trouvé le moyen de ligoter sa gorge comme elle avait inconsciemment ligoté son cœur, dans l'espoir d'en tirer tous les mots qui auraient sut la satisfaire. Son ton badin é